L’absence des patrons français sur Twitter


Malgré une excellente notoriété, le nombre d’utilisateurs de Twitter peine à décoller en France. En effet seulement 5% de la population française âgée de 15 ans et plus ont un compte actif, ce qui représente moins de 2,5 millions d’utilisateurs.

 

Outil de communication trop élitiste ? A priori non, quand on regarde de plus près le profil des utilisateurs. Ce qui est en effet assez frappant c’est l’absence des patrons français sur ce réseau social.

 

Le Figaro s’est récemment posé la question suivante « un patron d’entreprise doit-il se mettre à Twitter ?», sans apporter de réelle réponse, peut-être tout simplement car il n’y en a pas…

Tweeter, c’est avant tout une envie de partager et d’échanger avec des amis, des collaborateurs, des journalistes mais aussi des détracteurs, des trolls, etc.

Comme pour une entreprise, lorsqu’ un dirigeant met un pied dans la twittosphère il s’expose. C’est d’ailleurs probablement pour cette raison que seulement 6 patrons français du CAC 40 y sont présents (donc certains inactifs). Pourquoi tant de frilosité à l’ère de la transparence ? L’outil n’est pas très compliqué à prendre en main et il n’est pas forcément chronophage…

Par ailleurs, dans certains cas vous vous exposez encore plus en étant absent. Le cybersquatting est un sport national sur Twitter et ce n’est pas Liliane Bettencourt ou Vincent Bolloré qui me contrediront.

 

 

Ci-dessous 3 exemples de patrons qui font réagir assez fréquemment sur la toile:

 

Quelques règles pour les patrons qui s’interrogent sur leur légitimité à tweeter:

1. Si vous tweetez, faites le sans arrière-pensée. Si votre unique objectif est de vendre quelque chose, si votre approche est descendante : vous vous êtes trompé de support de communication

2. Attention aux « nègres ». Même si ce n’est pas l’idéal, vous pouvez déléguer une partie de vos publications à un community management qui gèrera peut-être mieux que vous certains aspects de votre « ligne éditoriale », mais respectez vos followers et ne les trompez pas sur l’auteur des tweets.

3. Ne soyez pas exclusivement centré sur votre entreprise. Si votre activité se limite à retweeter les messages de votre compagnie, à quoi bon vous suivre ?

4. Soyez vous-même. Si les gens vous suivent, ce n’est pas pour entendre un discours lissé par votre directeur de communication. Evitez de construire des lignes éditoriales contraignantes. Tweeter est une action de personal branding que vous devez incarner sur le long terme.

 

Une chose peut néanmoins sembler surprenante : pourquoi y a-t-il aussi peu de patrons d’agences digitales présents sur Twitter ?

Nicolas Bordas (@nicolasbordas – 18 000 followers), président de Being est l’un des meilleurs élèves sur Twitter, mais derrière,  les autres boss sont à la traîne…

Marco Tinelli, le patron de FullSIX, Antoine Pabst de Nurun, Mathieu de Lesseux de DDB, autant de grands dirigeants qui sont experts du web, qui encouragent leurs clients à investir les réseaux sociaux mais qui ont un compte inactif sur Twitter. Mention spéciale à MdL et ses tweets champêtres rafraîchissants (dernière publication en 2009).

 

Pourtant, la demande est là ! Même en étant inactifs ils sont suivis par leurs employés, des journalistes, certains clients… Cela dit, connaissant la verve de certains, mieux vaut qu’ils soient assez calmes sur Twitter afin d’éviter les clash !

 

Pour aller plus loin

– Suivre les grands dirigeants de ce monde sur Twitter : @tweetbosses

– « Twitter devient-il un recueil de brève de comptoir » à lire ici